J'ai hésité longtemps avant d'écrire un billet sur cette affaire sordide des caricatures publiées par un journal danois puis relayée par la presse française depuis quelques jours. Mais, le journaliste et blogueur que je suis, m'imposent de faire, ne serait-ce qu'un petit post à ce sujet. Non pas pour parler de la portée de ces caricatures; la chose a été abondamment commentée à travers les médias et les blogs, mais juste un point de vue sur une certaine conception de la "liberté d'expression" chez nos voisins de l'hexagone. Auparavant et pour comprendre un peu comment on en est arrivés là, petit flash back!
Le 30 septembre 2005 le journal Danois Jyllands Posten publie les caricatures, en tant qu'apport journalistique au débat sur l'autocensure chez les journalistes, les écrivains et les artistes dans le pays. La rédaction du quotidien était consciente que ces dessins allaient entraîner la colère de certains milieux, mais au Danemark il est de tradition que les autorités politiques et religieuses tombent sous le crayon des dessinateurs, et cela souvent de façon satirique (NDR Le site internet du journal). La rédaction du quotidien avait, toutefois, sous-estimé les sentiments que les musulmans croyants nourrissent pour leur Prophète et elle leur a depuis présenté ses excuses, en déplorant l'offense qui leur a, par mégarde, été faite. Cela dit, pour ce qui est de la publication des dessins, le quotidien n'a fait aucune excuse et n'a d'ailleurs jamais eu l'intention de le faire.
Le 17 octobre, le journal égyptien "El Fajr" republiait les caricatures en condamnant l'acte du journal danois, mais sans appeler à la moindre manifestation de haine, et aucune autre réaction d'émoi de la part de la communauté musulmane. Mais quelques jours après, la Libye ferme son ambassade au Danemark et l'Arabie Saoudite rappelle son ambassadeur.
4 mois après, le 24 janvier 2006 le parlement jordanien appelle à châtier les auteurs des caricatures.
Mais ce n'est qu'au début de ce mois, que le torchon allait brûler, à travers des manifestations plus ou moins virulentes un peu partout dans les pays musulmans. Et pour en rajouter une couche, la presse Française s'est emparée de cette affaire au nom de "la liberté d'expression", en stigmatisant la communauté musulmane pour sa condamnation officielle de cette mascarade qui aurait dû finir là où elle a commencé: Au Danemark, le 30 septembre. Et les réactions des hommes politiques français sont venues montrer à quel point, la liberté d'expression en France est induite dans une autocensure dictée par l'intérêt qu'il y a, à porter ses voix auprès d'un électorat en mal de leaders charismatiques capables de fédérer leurs aspirations. Le gouvernement, dans une déclaration laconique a essayé de sauver les meubles, par la voie de son premier Ministre, dans un discours conciliant, il faut le reconnaître. Alors que la gauche, qui est dans l'opposition, a pris le parti du tout "liberté d'expression" sans aucune limite!
Dieu! Que ces politiques et certains journalistes peuvent être parti pris, quand il s'agit de fustiger un Dieudonné pour avoir eu l'audace de faire un sketch provocateur et humiliant aux yeux de la communauté Juive... Et de s'interdire, au nom des mêmes principes, toute réaction pouvant toucher au sacro saint de la "liberté d'expression", quand il s'agit de porter atteinte à ce que les musulmans ont de plus sacré, après Dieu: son prophète.
Moi je dis que l'objectivité française en a pris pour un sacré coup! Et je me demande, au nom de quel principe on vient nous montrer du doigt à coup d'éditoriaux et d'articles incendiaires sur le manque de liberté dans notre pays. C'est franchement de la 'provoc'. Et dire que c'est eux qui ont inventé l'adage qui dit: "La liberté de l'un s'arrête là ou commence celle de l'autre".
D'un autre côté, il est vrai que depuis qu'une bande de schysos s'est mise à enflammer le monde et à se faire péter la tronche au nom de l'Islam, religion de tolérance, nous passons tous pour une civilisation moyenâgeuse, archaïque, qui n'a pas encore intégré la liberté dans son langage. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour arborer un choc des civilisations dans les discours, ni de mettre aux antipodes la Chariàa et le code civile en parlant de décalage. Et n'oublions pas qu'il fut un temps, pas si loin que ça, on brûlait sur le bûcher, pour moins que ça!
Je terminerais ce billet par deux citations. La première est de Michel Audiard: "les cons, ça ose tout... c'est à ça qu'on les reconnaît !". Et la seconde est de fathi BENSLAMA, psychanalyste algérien: "Si le Prophète de l'islam est l'objet de caricatures, c'est que des musulmans l'ont rendu "caricaturable", parce qu'ils ont accompli les pires exactions en son nom."
Rafie…libre opinion!
12.2.06
La liberté d'expression au pays des droits de l'Homme!
Publié par
rafie
à
17:37
0
Commentaires
Catégorie : Eux
Inscription à :
Messages (Atom)

